Sens Loisirs
Publié le 15/07/2014
Anecdotes et péripéties de la cathédrale Saint-Étienne
Le ciboire est conservé au Trésor de la cathédrale. © photo jean-pierre Élie/musées de sens
Au XVI e siècle, un pâtissier vola la coupe de la cathédrale Saint-Étienne avec un complice. Arrêté, il avoua et fut exécuté. Une chapelle fut érigée à l’emplacement où l’on retrouva la coupe.
Le « vol sacrilège » a agité Sens durant plusieurs semaines. Le 19 juillet 1541, « entre 1 et 2 heures du matin », raconte Théodore Tarbé (*), la coupe (ciboire) suspendue au-dessus de l'autel de la cathédrale disparaît. Avec son contenant : cinq hosties. Le larcin est découvert à l'aube par un vicaire qui allait célébrer la messe. Il suscite une grande émotion. Les religieux et la population sont « saisis d'une sainte horreur ». Une procession est organisée le jour même. D'autres suivent les jours suivants.
Un suspect est rapidement arrêté. Il s'appelle Jean Peignard (ou Pagnard), a 22 ans, est natif de Nevers et est pâtissier. Il a été confondu par « l'indice équivoque de quelques gouttes de cire qui avaient coulé sur la manche de son habit ».
En guise de garde à vue, le jeune homme est « soumis à la question ». Autrement dit, il est interrogé et torturé. Il finit par « confesser son crime, avec toutes ses circonstances ». Jusqu'à l'endroit où il a caché la coupe. Elle est y sera effectivement retrouvée, le 4 août. Bonus : « Les profanateurs n'ont point touché aux hosties. »
Trahi par un cierge
Peignard dit avoir commis le vol avec un complice, Guillaume Lacroix. Ils se seraient cachés dans la cathédrale vers minuit, puis auraient forcé la porte du ch'ur. C'est en voulant s'éclairer à l'aide d'un cierge que de la cire aurait coulé sur les vêtements et la main de Pagnard. Une cire très collante. « Son compagnon fut obligé de lui détacher avec violence les doigts de la paume de la main. Il ne put les en séparer sans lui enlever la peau. »
Brûlé sur le parvis
Peignard affirme que le vol aurait été commandité par un orfèvre, Étienne Marcelat, et son fils, Jean, contre 20 écus d'or. Mais les deux hommes ne seront pas inquiétés. Ni même Lacroix, semble-t-il. Seul Pagnard figure dans l'arrêt signifiant sa condamnation. Il est exécuté le 24 septembre : « Traîné sur une claie (treillage en bois) attaché à un tombereau », puis brûlé sur le parvis de la cathédrale. Précision sordide : « Comme il n'avait point touché aux saintes hosties, il lui fut accordé par grâce d'être étranglé. »

Philou

















































































